L'Union

Hors série de Novembre 2011

Troisième hors série de L’UNION dans le monde champenois. Jolie promenade à la découverte de la Montagne de Reims, là où règne en maître le pinot noir.
Découvrons le Champagne BRICE...

Ne cherchez pas de pinot meunier à Bouzy : il n’y en a pas. Ici le pinot noir règne sur les 377.40 Ha de vignes : 89 % des plantations, pour 11 % au Chardonnay. Classé Grand Cru en 1895, Bouzy a toujours produit des vins remarqués, rouges notamment. Pas étonnant donc que ce vin-là atterrit sur la table du sacre de Louis XIV. Sans doute l’exposition plein sud explique-t-elle en partie ce prestigieux passé. Sans doute aussi l’intérêt appuyé des plus belles maisons de champagne pour ce terroir, de Bollinger à Taittinger en passant par Moët & Chandon... Trois coopératives sont répertoriées : Defynlien, Au bouquet (60 adhérent ; 54 Ha) et SCIV (33 adhérents ; 31 Ha). Fiers de leur vin apte à bien vieillir, les vignerons ont créé leur propre confrérie des « Échevins de Bouzy », mais aussi une Académie des vins de Bouzy Rouge pour célébrer le « Rouge ». Car Bouzy est l’un des rares villages de l’appelation Champagne à être associé naturellement au vin rouge, en plus du champagne. Toujours cette belle exposition au Sud. Comme le vante un récoltant-manipulant parmi les 186 exploitants, la chance de Bouzy, c’est d’avoir « un très bon vin rouge et un très bon champagne ». Cerise sur le gâteau, mais plus rare encore : le vin blanc de Bouzy élaboré à base de Chardonnay.

Jean-Paul Brice

Le nom du Champagne Brice n’est pas des plus anciens à Bouzy : on le trouve à partir de 1945 quand est célébré le premier mariage de l’après-guerre au village. Cette année-là, le Lorrain René Brice épouse Marguerite Vesselle, une fille unique dont les ancêtres des familles Vesselle et Barancourt sont enracinés dans la viticulture à Bouzy au moins depuis le XVIIe siècle selon les plus anciens registres paroissiaux. En tous cas, ce mariage est le point de départ d’une nouvelle aventure. René reprend l’exploitation des 4 Ha de vignes de son beau-père, crée sa marque, creuse sa cave, produit quelques centaines de bouteilles. Quant au couple, il donne naissance à un fils unique, Jean-Paul, qui entrera dans la petite affaire familiale en 1964. « Je me suis senti un peu obligé : j’avais le choix de faire des études viticoles à Beaune ou à Avize. » Ce sera Avize et la première génération du lycée. En 1966, Jean-Paul Brice décide de s’associer avec deux de ses collègues locaux et de mutualiser les moyens pour créer la marque Barancourt, du nom de ses grands-parents maternels. Cette structure connaîtra un certain succès mais sera revendue en 1994 à un grand groupe rémois. A partir de cette date et jusqu’en 2009, les Brice récupèrent peu à peu leu vignoble (8 Ha en propre). En 2004, ils rachètent un site de production au cœur de Bouzy et relancent le Champagne Brice. Ce dernier vend environ 150.000 bouteilles, dont la moitié dans les pays limitrophes de la France. Le champagne maison est élaboré par Jean-Paul Brice et l’un de ses quatre enfants, Jean-René. Ce dernier explique : « Avec le pinot noir majoritaire et Bouzy étant plein sud, nos vins ont beaucoup de corps. On ne fait donc plus de fermentation malolactique pour redonner de l’élégance, de la fraîcheur et surtout du fruité à notre Champagne. »

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